La batave du camping
Par major tom, Wednesday 19 July 2006 à 23:13 :: international :: #146 :: rss
A l’aube des matins calmes de mon camping, la chaleur s’est invitee dans mon interieur rustique, fait d’un sac de couchage bas de gamme, d’un colt pour descendre les pigeons sauvages et de quelques conserves encore intactes.
Palavas, 12h46. La nuit s’est faite discrete. Sur ma chemise blanche, de la glace a la vanille immaculee vient me rappeler que je me suis fait demolir par deux gorilles assoiffes de sang. Je constate que je ne porte pas de slip et qu’a mes cotes, vautree dans une position qui confine a la contorsion pekinoise, une jeune hollandaise cueillie fraichement apres mon altercation impromptue.
12h47. Je decide de sortir et de laisser la fille dormir. Direction la superette. Sur le chemin, j’apercois ce linceul d’une blancheur douteuse dont la jeune batave m’avait sans aucun doute depossede en rentrant hier soir. Je me penche pour le ramasser, le glisse dans ma poche. Une petite fille en maillot munie de tongues a l’effigie de Michel Constantin me regarde interloquee, puis s’echappe illico, sans la moindre parole.
12h49. La delicate architecture post Edgar Faure de la superette me tend les bras.
12h50. Le peron de cette charmante boutique regorge des dernieres sorties litteraires de l’Ete. Je trouve meme le dernier livre d’un Ministre de l’Interieur de la Republique Francaise, delicatement pose a cote du Da Vinci Code et de Pif Gadget. Va pour ce dernier!
12h51. Mon Pif Gadget en main, je sors de cet endroit somme toute quelconque. J’ai vraiment envie de pisser. Je vais quand meme pas me laisser aller ici, comme ca, de maniere peu reverencieuse, totalement incontinente et surtout inuretique!
12h52. Ma decision est prise. Je vais aller me vider a cote de la boutique, derriere les broussailles.
12h53. Ahhhhhhhhhhhhhhhhh.
12h54. Je referme ma braguette. Mes yeux, imperceptiblement, se trouvent happer par une decouverte stupefiante: un string orange avec une petite broderie derriere: “I love you”.
12h55. Je retourne d’un pas decide vers mon iglou Ete 2006 pour demander des explications a la fille sur la presence de ce vetement dans des arbustes ou seuls vont pisser les chiens du Camping et quelques ivrognes rentrant le soir. De la musique s’echappe d’une caravane. “Le Monsieur qui passe” interprete par Serge Reggiani, je crois. Peu importe. Je passe mais continue.
12h57. Quelle stupeur! Je vois la fille completement nue qui m’attend, apparemment anxieuse et peu sure d’elle. Je lui balance les deux sous vetements a la gueule. Mon slip et le sien. Elle eclate en sanglots, puis s’enfuie sans un mot.
12h59. Les conserves n’attendent que moi.
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